Seulement 2 000 petits loups de moins de 3 ans en Lozère, et tout de même 391 places d’accueil collectif ! Le cas de la Lozère est intéressant justement parce qu’il rend compte des contraintes particulières des territoires ruraux et des stratégies des acteurs locaux pour y faire face.
Chiffres en main, le taux de couverture des besoins lozérien est plutôt bon : 67,5 places pour 100 enfants de moins de trois ans, contre 58,8 au niveau national. Ce chiffre cumule les places en établissements d’accueil et celles offertes par les assistants maternels, une solution officiellement qualifiée d’ « accueil individuel ».
A y regarder de plus près, la Lozère se caractérise par une forte capacité d’accueil individuel, et une capacité d’accueil collectif très légèrement plus faible que la moyenne : 20 places pour 100 petits, contre 21 au niveau national. Rien de dramatique.
Les contraintes de la ruralité
Un département rural, cela signifie peu de population agglomérée. Avec comme première conséquence, la dispersion des établissements. La base de données de La Marelle décompte 18 établissements dans 17 communes.
Les capacités d’accueil sont adaptées aux lieux d’implantation. Pour reprendre la nomenclature officielle, la Lozère n’a pas de très grandes crèches (60 places et plus), 3 grandes crèches (40 à 59 places), 3 moyennes (25 à 39 places), 5 petites (13 à 24 places) et 7 micro-crèches (jusqu’à 12 places).
Quasiment toutes ces capacités d’accueil ont été mises en place dans le cadre du service public local, c’est-à-dire à l’initiative des élus locaux, qui en assurent le financement quotidien, avec le soutien financier de la Caf (via la Psu). Le Département, non seulement subventionne les investissements, mais apporte aussi des « aides pérennes » aux structures pour environ 250 k€/an.
Des stratégies d’opérateurs adaptées
Les communes lozériennes ayant de faibles capacités financières, ce sont les communautés de communes qui sont à la manœuvre : elles sont six à prendre en charge l’accueil collectif, sur les dix que compte le département. Font figure d’exception, les quelques communes isolées (Chanac, Saint-Chély d’Apcher).
Du côté des exploitants, pas de surprises : les opérateurs nationaux sont absents du territoire départemental. On n’y croise ni fédérations associatives, ni mutuelles, ni entreprises de crèches. Une exception : l’ADMR, pour une micro-crèche. Pas non plus de « porteurs de projets », pour installer des micro-crèches Paje.
Les établissements sont gérés en régie pour 8 d’entre eux et 200 places au total. Les 10 autres sont entre les mains d’associations locales, et même d’une société publique locale : Les petits loups du Gévaudan, fondée en 2006. L’une des associations : Trait d’union, créée en 2007, prend en charge plusieurs établissements, pour le compte d’une des communautés de communes. Ces exploitants sont liés aux collectivités organisatrices du service public par des contrats, dont au moins 6 d’entre eux sont des délégations de service public formalisées.




